Les travaux modifiant les milieux naturels, qu'il s'agisse de l’extraction de minéraux dans les fonds sous-marins ou pour le renforcement des berges d'une rivière, comme à Paea, doivent prendre en compte leurs impacts environnementaux.
# Valérie Verdier, présidente-directrice générale de l’Institut de recherche pour le développement (IRD), effectuera du 17 au 30 octobre un déplacement en Polynésie française et en Nouvelle-Calédonie, aux côtés de son homologue de l’Ifremer, le Président directeur général François Houllier. Au programme : rencontres avec les équipes de recherche, les partenaires institutionnels et les élus des deux territoires, restitution d’une expertise scientifique sur les grands fonds marins et célébration des 80 ans de l’IRD en Nouvelle-Calédonie. Les précisions d’Outremers 360°.
« Notre premier objectif, c’est d’aller à la rencontre des équipes, des partenaires, des universités et des élus locaux », explique Valérie Verdier à la rédaction d’Outremers360. L’occasion de faire le point sur les collaborations en cours et de s’assurer que les programmes scientifiques sont toujours « en phase » avec les attentes des territoires. Des échanges sont également prévus dans le cadre des consortiums RESIPOL, en Polynésie française, et CRESICA, en Nouvelle-Calédonie, qui fédèrent les acteurs de l’enseignement supérieur et de la recherche.
Ce déplacement sera également marqué par la restitution d’une expertise scientifique consacrée aux grands fonds marins du Pacifique, réalisée à la demande de l’État. Celle-ci porte sur l’état des connaissances, les usages, les impacts environnementaux et les modes de gouvernance de ces espaces, notamment dans les trois territoires français du Pacifique et les eaux internationales.
L’objectif est de formuler des recommandations scientifiques pour éclairer les décisions publiques et contribuer à une gouvernance participative des grands fonds marins, au regard des enjeux environnementaux et économiques qu’ils représentent.
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Restitution d’une expertise sur les grands fonds marins lors d’une visite de la cheffe de l’IRD (Radio 1)
# Faut-il exploiter les ressources minières sous-marines ou préserver les grands fonds ? La question continue de diviser les dirigeants du Pacifique. Lors du Forum des Îles du Pacifique*, certains se sont montrés favorables à une éventuelle exploitation, tandis que d’autres ont réaffirmé leur opposition.
Les 18 dirigeants du Pacifique cherchent toujours une position commune sur l’exploitation minière des fonds marins. Mais le consensus semble encore lointain.
La pandémie de Covid-19, qui a mis en évidence la fragilité des économies dépendantes du tourisme, a poussé certains États insulaires à envisager de nouvelles sources de revenus. Les Îles Cook, les Tonga ou encore Nauru s’intéressent ainsi aux ressources présentes dans leurs fonds marins, même si leurs projets n’en sont, pour le moment, qu’au stade de l’exploration.
(…) Les pays intéressés par cette exploitation assurent qu’ils n’agiront que si les opérations peuvent être menées sans dommages pour l’environnement. Une promesse qui ne convainc pas Palau, pays hôte du Forum et précurseur dans la protection de l’océan. Comme la Polynésie française et la France, l’archipel s’oppose à l’exploitation minière des grands fonds.
(…) D’autres territoires ne prévoient pas d’exploiter ces ressources à court terme, mais refusent de fermer définitivement la porte. C’est le cas de la Nouvelle-Calédonie, qui a signé le moratoire contre l’exploitation tout en souhaitant mieux connaître les richesses présentes dans son espace maritime.
(…) L’océan ne possédant pas de frontières physiques, les conséquences d’une exploitation pourraient s’étendre au-delà de la zone concernée. Une inquiétude particulièrement présente chez les gardiens des traditions et les militants écologistes réunis au Forum.
(…) Les lobbyistes pro-exploitation se sont montrés plus discrets lors de cette édition du Forum. TNTV avait pu les interroger les années précédentes, mais cette fois, ils se sont contentés de faire miroiter des bénéfices records aux îles qui acceptent de les écouter. Pourtant, dans le Pacifique, ceux qui s’y sont essayé ont surtout perdu de l’argent. Les seuls à s’enrichir sont, pour le moment, les compagnies minières.
L’exploitation minière des fonds marins divise toujours le Pacifique (TNTV)
* Pour rappel : Clôture du 55e Forum des îles du Pacifique (AvA-Infos)
Faut-il exploiter les minerais sous-marins ? Moetai Brotherson s’y oppose fermement. Le président de la Polynésie a profité de son déplacement à New York pour proposer une conférence à la prestigieuse Université de Colombia, proche de Central Park.
13 millions de livres dans 22 bibliothèques, plus de 4000 professeures, 35 000 étudiants… et une influence internationale pour l’Université de Columbia. C’est pourquoi Moetai Brotherson tient à partager avec ces étudiants son combat en faveur des océans, sur un campus où les happenings sont quotidiens : de la défense de l’avortement au soutien à la Palestine. L’environnement y a, aussi, de nombreux défenseurs.
(…) Et le danger se rapproche. Les Etats-Unis pourraient bientôt accorder une autorisation d’exploitation dans les eaux internationales, à la frontière des Cook, de Kiribati et de la Polynésie française.
(…) Plusieurs de ces étudiants, en master ou en doctorat, comptent mobiliser leurs propres réseaux contre cette exploitation. Dans le public, un Tahitien qui habite à New York. Christian Vanizette a créé une application pour protéger l’environnement. Et il se réjouit du leadership polynésien.
« Je suis hyper fier de voir que c’est notre président qui défend ce sujet car il y a d’autres îles du Pacifique, il y a d’autres grands pays qui essayent de pousser pour l’exploitation des fonds marins. Quand j’ai commencé à travailler sur le sujet, j’ai vu que c’était Moetai qui poussait pour tout ça. J’étais très content. Ce que j’ai appris, c’est qu’il connait hyper bien le sujet et qu’il est conscient du mensonge de ces grande entreprises », dit-il.
Parce que le président de la Polynésie rappelle que le seul projet lancé dans le Pacifique a coûté cher à la Papouasie Nouvelle Guinée. Et que les entreprises qui font miroiter des bénéfices records peuvent cacher de redoutables arnaques.
Moetai Brotherson s’oppose à l’exploitation des ressources minières à l’université Columbia (TNTV)
# En 2018, une pollution avait causé la mort de 128 anguilles dans la rivičre Vaitupa, à Paea. La société JL Polynésie a été condamnée ce matin à 3 millions de francs d’amende et 2,3 millions de dommages et intérêts. Le tribunal a également prononcé une amende pour le chef de chantier, une amende avec sursis pour le conducteur de travaux et la relaxe pour l’OPH. Tous avaient été mis en cause après des travaux de renforcement des berges menés lors de la construction de 55 logements de l’OPH en amont de la rivière.
(…) 128 anguilles étaient mortes dans la rivière Vaitupa, à Paea, en 2018, après des travaux de renforcement des berges lors de la construction de logements de l’OPH en amont. Un dispositif avait été installé pour détourner une partie de l’eau et permettre le bétonnage mais des riverains avaient signalé une modification inhabituelle de la couleur de l’eau, devenue violette puis rose, avant de constater la présence d’anguilles mortes.
La défense avait évoqué du béton qui avait pu atteindre le cours d’eau mais en contestant l’impact sur les anguilles et leur avocat Me Thibaud Millet avait remis en cause les analyses effectuées sur les animaux morts. Mais pour le parquet, l’infraction était constituée et le tribunal a suivi ses réquisitions, excepté pour l’OPH qui a été relaxé.
JJL Polynésie condamné à payer 5,3 millions pour les anguilles mortes à Paea (Radio 1)
Il leur était reproché d’avoir provoqué une hausse du niveau de PH de la rivière Vaitupa, à Paea, lors de travaux de bétonnage en mai 2018. La société de BTP JL Polynésie a finalement été condamnée ce mardi par le tribunal correctionnel. L'OPH a en revanche été relaxée.
Les faits* se sont déroulés en mai 2018. À l’époque, des habitants constatent un changement de couleur de la rivière Vaitupa. Mais pas seulement. Une centaine d’anguilles sont mortes. 128 exactement. À proximité, des lieux, le chantier d’une résidence OPH. La pollution de l’eau serait due au bétonnage d’une partie de la rivière destiné à renforcer les berges.
Un barrage avait été réalisé dans le lit par les ouvriers, laissant toutefois une partie de l’eau s’écouler en aval. Au total, 30 m3 de béton auraient été utilisés. Et une partie du ciment, en se diluant, aurait provoqué “un PH de l’eau à quasi-saturation” entrainant la mort des animaux. Ce mardi, le tribunal correctionnel a rendu sa décision. L’OPH a été relaxée. En revanche, la société de BTP JL Polynésie est condamnée à 3 millions de Fcfp d’amende. Le conducteur des travaux écope de 300 000 Fcfp avec sursis et le chef de chantier de 200 000 Fcfp sans sursis. La Polynésie, qui s’est constituée partie civile dans le dossier, recevra 2,3 millions de dommages et intérêts.
Mort de 128 anguilles à Paea : l’OPH relaxée, JL Polynésie condamnée (TNTV)
* Pour rappel: : La procureure a estimé que l’infraction était constituée. Elle a réclamé une peine d’amende avec sursis de 200 000 et 300 000 francs à l’encontre du conducteur de travaux et du chef de chantier. Et 4 et 5 millions de francs pour J-L Polynésie et l’OPH. La Polynésie, qui s’est constituée partie civile dans le dossier, a pour sa part sollicité des dommages et intérêts. Mort de 128 anguilles dans la rivière Vaitupa : l’OPH et J-L Polynésie renvoyés devant le tribunal (TNTV) in Une biodiversité fragile... à préserver ! (AvA-Infos)

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