Des boues polluantes issues des vidanges de fosses septiques de Tahiti sont déposées dans une fosse à ciel ouvert dans la vallée de la Punaruu à Paea. La société qui en est à l'origine est aujourd’hui sous le coup de plusieurs procédures en justice ; Conseil municipal extraordinaire, à Paea, pour déterminer le sort des déchets verts de la commune ; Intensifier la lutte contre les stupéfiants, renforcer les contrôles routiers mais aussi lutter contre les nuisances sonores, les rodéos motorisés et les rassemblements non autorisés (avec leur lot de pollution...) : après Punaruu, Motu Uta et Nivee, c’est au tour du « Platchoir », à Hitia’a, de rejoindre la liste des sites interdits aux amateurs de décibels ; Abandonnées un peu partout, les carcasses de voitures provoquent le ras-le-bol des habitants du quartier de Hitimahana, à Mahina.
# Depuis près de cinquante ans, les boues polluantes issues des vidanges de fosses septiques de Tahiti sont déposées dans une fosse à ciel ouvert dans la vallée de la Punaruu. Cette installation exploitée, sur la base d’un arrêté de 1977 et sans inspection du Pays, par la société Multiservices – Tahiti Vidanges, est aujourd’hui sous le coup de plusieurs procédures en justice. En plus du recours de l’association La plančte brűle, qui demande sa fermeture devant le tribunal administratif, l’Office central de lutte contre les atteintes ŕ l’environnement et ŕ la santé publique a ouvert une enquête pour « exploitation non conforme d’une installation classée ».
D’après la procureure de la République, l’enquête confiée à l’Oclaeps a été ouverte dans le courant de l’année dernière, suite à un article de Radio 1 sur les problèmes sanitaires et environnementaux liés à l’assainissement non-collectif. Une plainte de la mairie de Punaauia s’est ajoutée au dossier dans la foulée. La société Tahiti Vidanges est leader sur le marché de l’entretien des fosses septiques et autres équipements d’assainissement non collectifs de professionnels ou de particuliers. Pas de station d’épuration ou d’installation de traitement cadrée par un arrêté ICPE : les matériaux collectés, par essence très polluants, sont déversés par ses camions dans une « fosse à ciel ouvert » située à 600 mètres en amont de la route de ceinture dans la vallée de la Punaruu.
(…). Les gestionnaires de la société assurent que la fosse ne présente « aucune nuisance », qu’elle est étanchéifiée par le « mamu » de la vallée et exploitée de manière « responsable » depuis tant d’année… Ils expliquent surtout que sa fermeture priverait Tahiti du principal site d’accueil de ces boues que ni le Pays ni les municipalités ne semblent vouloir gérer.
(…). À noter que Multiservices – Tahiti Vidanges est aussi citée, comme plusieurs grandes entreprises de BTP du Pays comme Boyer, JLP ou Fiumarella, dans l’affaire des enfouissements illicites de la Punaruu. Après deux ans d’enquête, plusieurs gardes à vue avaient eu lieu en janvier. En plus des deux exploitants du site mis en examen, dont un est en détention provisoire, la justice s’intéresse aux entreprises clientes qui ont déposé au fil des ans plus de 100 000 mètres cubes de déchets sur ce site du fond de la vallée. « Nous ne sommes aucunement impliqués dans ces dépôts de déchets, nous sommes mêlés à cette histoire uniquement pour du dépôt de terre issu de déblais de terrassement », précise Rexford Brotherson. Le dossier est aujourd’hui entre les mains d’un juge d’instruction.
Tahiti Vidange et sa fosse à ciel ouvert de la Punaruu sous le coup d’une enquête (Radio 1) 18/02
# Conseil municipal extraordinaire, samedi (21/02), à Paea, pour déterminer le sort des déchets verts de la commune. Le site où ils sont habituellement stockés, à Tiapa, est saturé… Leur entreposage, à Orofero, a déclenché, mardi, la mobilisation d’une partie des riverains, qui ont fait barrage. Ils redoutent des nuisances sonores et olfactives. Le stockage à Orofero est suspendu jusqu’à la fin des élections municipales.
Ils veulent être informés. Plusieurs riverains du quartier Orofero sont venus chercher des réponses à leurs questions ce samedi auprès des élus de Paea. Un conseil municipal extraordinaire a été déclenché par la mobilisation mardi d’une partie des habitants inquiets de voir des camions déverser des déchets verts à proximité de chez eux. « On s’est vraiment opposés, on s’est mis sur la route, c’est ce qui s’est passé, raconte Anne-Marie Teahua, riveraine de Orofero. Nous avons dit au maire lorsqu’il nous a reçus en petit collectif, qu’on refuse complètement qu’on envoie ces déchets-là à Orofero, dans notre vallée ».
Au total, ce sont 17 000 mètres cubes de déchets verts qui sont entreposés à Tiapa depuis 2023 en attente de traitement. La commune a investi dans un broyeur qui devrait être livré début avril. L’équipe municipale a pris des délibérations pour acquérir un terrain à Orofero et comptait déjà y transférer les branchages, mais les riverains sont méfiants.
En pleine campagne des municipales, la question prend une dimension éminemment politique, car le sort de ces déchets verts ne fait pas l’unanimité.
(…) C’est donc la prochaine équipe choisie par la population qui se positionnera sur l’emplacement de stockage et le traitement de ces déchets verts. En attendant, ils seront expédiés à l’extérieur de la commune.
Déchets verts à Paea : le stockage à Orofero suspendu à l’approche des municipales (TNTV)
# À Paea, après le blocage des camions de la commune la semaine dernière venus jeter les déchets verts au fond de la vallée de Orofero, un conseil municipal extraordinaire a décidé de tout suspendre. Plus aucun camion ne passera avant les élections municipales.
Samedi dernier, il a fallu quatre heures de débats pour trancher la question : les déchets verts iront-ils, oui ou non, sur le site d’Orofero ?
La décision est finalement tombée : plus aucun déchet vert ne sera acheminé vers Orofero jusqu’à nouvel ordre. Pour Lucien Tupea, responsable de voirie et propreté à la commune de Paea, cette décision ne fait que repousser le problème à la prochaine équipe municipale.
(…). Lors de ce conseil municipal extraordinaire, une vingtaine d’habitants se sont mobilisés et sont venus assister aux débats. En quelques chiffres, la commune de Paea produit environ 17 000 mètres cubes de végétaux chaque mois. (…) Pour certains, ces déchets représentent une véritable ressource, utile pour nourrir la terre et fertiliser les sols. "Il y en a qui sont contre, pas moi. Ces déchets doivent être broyés, pour en faire du compost, ça va faire du bien pour la population. Je trouve que c'est une bonne chose", estime Charles Tonio, habitant d’Orofero
Un grand broyeur a déjà été commandé par la commune. Il devrait entrer en service dès le mois d’avril. En attendant, les déchets verts seront acheminés vers le site de Tiapa.
Les déchets verts ne sont plus déversés à Orofero jusqu'à nouvel ordre (Polynésie 1ère)
# Samedi soir (21/02), la DTPN a coordonné une opération de contrôles à Fare Ute. 55 policiers nationaux et municipaux se sont déployés dans la zone. Objectifs : « intensifier la lutte contre les stupéfiants, renforcer les contrôles routiers mais aussi lutter contre les nuisances sonores, les rodéos motorisés et les rassemblements non autorisés. »
73 contrôles d’identité, 72 tests d’alcoolémie et 51 dépistages de stupéfiants ont été effectués. Au total, 283 véhicules ont été contrôlés, rapporte la police nationale dans un post sur les réseaux sociaux. Dix délits ont été constatés, dont 7 pour usage et détention de stupéfiants.
Stupéfiants, nuisances sonores : la police contrôle 283 véhicules à Fare Ute
https://www.tntvnews.pf/polynesie/faits-divers/stupefiants-nuisances-sonores-la-police-controle-283-vehicules-a-fare-ute/
# Aucune musique ne résonnait hier soir (21/02) au « Platchoir ». Situé au PK 44, à Faaone, sur la côte Est de Tahiti, ce lieu rebaptisé par les jeunes est devenu, il y a plusieurs mois déjà, le rendez-vous incontournable du samedi soir. Haut-parleurs à plein volume, véhicules stationnés de part et d’autre de la route, soirées qui dégénèrent parfois en bagarre : pour les riverains, la coupe est pleine. La semaine dernière, Tahiti Infos révélait d’ailleurs qu’une pétition était en préparation pour dénoncer ces nuisances répétées.
Face à ces débordements, les autorités ont décidé de passer à l’action. Une opération conjointe État-Commune a été menée par surprise hier soir.
(…) Après Punaruu, Motu Uta et Nivee, c’est donc au tour du « Platchoir » de rejoindre la liste des sites interdits aux amateurs de décibels. En pleine période d'élections municipales, la question revient régulièrement auprès des candidats de Taiarapu-Est : quelles alternatives proposer à ces jeunes passionnés de musique, sans générer de nouvelles nuisances ?
(…) Pour l'heure, aucune solution concrète n'a émergé. Mais ces rassemblements pourraient se déplacer vers d'autres sites, et le même scénario, se répéter. La fête a tourné court au Platchoir de Faaone samedi 21 février. 32 gendarmes et plusieurs policiers ont été déployés sur le site pour boucler la zone et interdire l'accès aux fêtards et aux carbass.
La « fête est terminée » : les forces de l'ordre ont interdit l'accès au Platchoir samedi soir (Polynésie 1ère)
Une trentaine de gendarmes sont intervenus samedi au Platchoir. Une mobilisation dissuasive malgré l’absence de rassemblement ce soir-là : des élus municipaux de Taiarapu-Est et des amateurs de car-bass de Faaone, dépassés par l’attractivité du site, étaient sur place pour tenter d’apaiser la situation et de trouver des solutions. La piste associative est notamment évoquée.
Samedi soir, seuls les gyrophares des véhicules de la gendarmerie ont dansé au Platchoir de Faaone ; un retour au calme après plusieurs rassemblements massifs associés à des signalements inquiétants de la part des usagers de la route, des riverains et de la commune de Taiarapu-Est. Trente-deux gendarmes et plusieurs policiers municipaux étaient sur place dès 19 heures pour mettre un terme aux débordements de ces dernières semaines.
(…) Sur place, quelques habitués étaient présents, mais l’esprit n’était pas à la fête. En marge de la campagne électorale, plusieurs élus municipaux sont venus à leur rencontre pour tenter d’apaiser la situation. “C’est une affaire qui a beaucoup duré, parce qu’aucune solution à long terme n’a été trouvée. Une affaire comme celle-là doit être traitée par toutes les parties prenantes : l’État, le Pays et la commune avec les partenaires pour essayer d’imaginer une solution pour eux. Je pense qu’au niveau de la jeunesse, il faut les occuper et trouver un site qui réponde à leurs besoins sur le plan technique, mais en même temps du point de vue de la sécurité. Il faut les accompagner : si on ferme quelque part, ils se déplacent autre part”, remarque le maire de Taiarapu-Est, Anthony Jamet.
(…). “Passionné de musique” poussée à pleine puissance, Nohea Maitui le reconnaît : la popularité du Platchoir dépasse largement le projet initial. “On a commencé à se rassembler comme ça, avec un cousin. Il y a six à neuf mois, il y avait toujours des endroits ouverts pour les car-bass dans d’autres communes. Les gens de l’extérieur ne venaient pas ici. On n’était pas énormément : trois voitures et une petite famille. Aujourd’hui, on compte 20 car-bass et plus de 500 personnes. Ça pose plein de problèmes et on ramène la faute sur les car-bass. Tous ces gens qui viennent de l’extérieur, on ne se connaît pas et quand l’alcool prend le dessus, ça crée des débordements”, confie-t-il. Outre les bagarres, des faits de consommation de drogues et d’abus sexuels sont également rapportés. Il y a tout juste une semaine, les images d’un jeune homme à terre ont fait le tour des réseaux sociaux.
Les car-bassistes de Faaone projettent de créer une association pour organiser la pratique à leur échelle, tout en sachant que passer de rassemblement “sauvage” à “autorisé” ne se fera pas sans un certain nombre de contraintes.
Platchoir : la fête est finie à Faaone (Tahiti Infos)
# Dans le quartier Hitimahana à Mahina, les familles vivent parfois dans des conditions difficiles, voire insalubres. Les maisons s’entassent les unes contre les autres, et les difficultés sont nombreuses, à commencer par l’évacuation de l’eau lors des fortes pluies. À l’approche des municipales, les habitants espèrent enfin que leur voix soit entendue.
(…). Abandonnées un peu partout, les carcasses de voitures provoquent également le ras-le-bol des habitants. (…). Originaires des Tuamotu, les premiers habitants de Hitimahana se sont installés il y a plus de 40 ans. Aujourd’hui, plus de 1 000 personnes y vivent : les maisons s’entassent les unes à côté des autres. (…). Le quartier est placé en zone rouge, exposé aux risques naturels. Les anciens gouvernements ont tenté de reloger les habitants vers des logements sociaux.
Mais les familles refusent de quitter cet emplacement en bord de mer, d’autant plus qu’elles vivent essentiellement de la pêche.
Hitimahana : inondations et carcasses de voitures, le ras-le-bol des habitants (Polynésie 1ère)

Contactez directement l'équipe de rédaction de AvA en écrivant à cette adresse :
AvA-infos est un site d'information participatif. Vous faites partie d'une association, vous êtes actif dans le développement durable ? Envoyez vos articles à paraître sur AvA-infos, ou indiquez vos prochains rendez-vous à ne pas rater dans l'Agenda...