Restauration écologique, conservation des espèces protégées ou gestion durable des ressources naturelles sont au programme de plusieurs initiatives en cours ou en démarrage. Deux concours y invitent : lesTrophées To'a Reef, renforcer la résilience des récifs et des lagons de Polynésie; et BestLife2030, un mécanisme de subvention destiné aux régions d'outre-mer de l'UE.
LesTrophées To'a Reef, et BestLife2030
# Projets scientifiques, initiatives citoyennes et projets scolaires, 32 candidatures ont été déposées pour les 3e Trophées To'a Reef. Le public est invité à voter jusqu’au 19 octobre pour ses projets favoris.
Les Trophées TO’A Reef ont pour objectif de renforcer la résilience des récifs et des lagons de Polynésie française. Ils soutiennent des actions concrètes destinées à connaître, protéger, restaurer et transmettre les savoirs liés aux écosystèmes coralliens. Placée sous le mot d’ordre « Les récifs sont notre survie, unissons-nous pour les préserver ! », cette 3e édition bénéficie d’une enveloppe globale de 4,3 millions de Fcfp financée par le ministère des Outre-mer. Depuis leur création en 2024, ces Trophées ont totalisé 73 candidatures venues des 16 îles et atolls des 5 archipels. 26 projets lauréats ont été récompensés.
Pour l’édition 2026, 32 nouveaux dossiers ont été enregistrés : 15 projets issus du monde associatif, scientifique et privé (…) ; 17 projets scolaires « Mon récif, ma culture » (…).
Si le jury d’experts de l’Ifrecor Polynésie se réunira le 26 octobre (avec le soutien de la DGEE pour le volet scolaire), la population peut voter jusqu’au 19 octobre sur la page Facebook Ifrecor Polynésie Officiel. Les mentions « J’aime » permettront d’attribuer les deux Prix « Coup de cœur du public » (un pour la catégorie générale, un pour la catégorie scolaire). Au total, 13 prix seront attribués (…)
La cérémonie d’attribution et les activités associées se tiendront le mardi 10 novembre 2026 à l’InterContinental Tahiti Resort & Spa dans le cadre de l’événement TO’A Reef – Te Mana o te Moana Nui a Hiva (…)
32 candidats aux Trophées To’a Reef de l’Ifrecor (TNTV)
De la création de jeux et l’installation de récifs artificiels à base de nacre, en passant par le développement de nouveaux outils de surveillance, ce sont 32 projets qui ont été retenus pour concourir aux trophées To’a Reef 2026. Cette troisième édition, toujours organisée par l’Ifrecor Polynésie, va de nouveau récompenser les meilleures initiatives de protection des récifs, portées par des particuliers, des entreprises, des associations ou des écoles. 4,3 millions de francs de prix vont ętre distribués par un jury, mais aussi par le public, appelé ŕ voter ŕ coup de « like » sur Facebook jusqu’au 19 octobre.
Parmi les candidats à la troisième édition des trophées Toa Reef, 15 projets sont portés par des associations, des opérateurs de recherche, des acteurs privés et un consortium. (voir leur description…)
17 autres projets sont portés par des écoles, de la maternelle au lycée. On passe « de la réalisation de fresques consacrées au corail à la construction d’un va’a motu, de l’observation des récifs à la création de jeux pour sensibiliser leur communauté ». Bref, pour l’Ifrecor, « les élèves passent de l’observation à l’action, en mêlant sciences, culture et créativité. D’un archipel à l’autre, ces initiatives font du lien au récif, un véritable support d’apprentissage, de transmission et d’engagement ».
(…) Le jury d’experts se réunira le 26 octobre prochain et le public est invité dès maintenant à voter pour ses projets favoris et désigner les deux prix « coup de cœur du public », sur la page Facebook de l’Ifrecor Polynésie….
(…) Au total, 13 prix viendront récompenser les initiatives les plus remarquables : un Grand Prix d’un million de francs ; quatre Trophées thématiques de 500 000 francs chacun (Innovation, Sensibilisation, Archipels et Science participative) ; six prix « Mon récif, ma culture » de 100 000 francs chacun pour les établissements scolaires, ainsi que deux prix « Coup de cœur du public ». La remise des prix aura lieu le 10 novembre lors d’une soirée qui clôturera une journée entièrement dédiée à l’océan avec un grand village rassemblant les acteurs de terrain, un bilan de l’Ifrecor sur la santé des récifs coralliens et la restitution du 11ᵉ forum de l’économie bleue organisé par le Cluster maritime
To’a Reef 2026 : 32 projets à départager par le jury… Et par le public (Radio 1)
# Associations, entreprises, organismes de recherche locaux, communes et services du Pays ont jusqu'au 7 décembre pour déposer leur note de concept dans le cadre du troisième appel à projets du programme européen BestLife2030, cofinancé par l'Union européenne et la banque la Socredo.
Le programme BestLife2030 lance sa troisième édition. L'ambition est de financer des projets qui produisent des résultats tangibles pour préserver la biodiversité dans les régions ultrapériphériques et les pays et territoires d'outre-mer de l'Europe.
Ces territoires abritent plus de 80 % de la biodiversité européenne, mais leurs écosystèmes, uniques et fragiles, subissent une pression croissante : changement climatique, espèces envahissantes, perte d'habitat et surexploitation. C'est ce que vise l'objectif 3 du cadre mondial pour la biodiversité, qui prévoit la protection de 30 % des terres, des eaux intérieures et des zones marines de la planète d'ici 2030. En soutenant les efforts des communautés locales, BestLife2030 aide les territoires de l'Union européenne à tenir cet engagement.
Les deux premiers appels à projets ont déjà permis de soutenir 17 initiatives en Polynésie française, à hauteur de 12 millions de francs par projet. Parmi ces lauréats, on compte dix associations locales et sept entreprises privées, porteuses de projets de restauration écologique, de conservation des espèces protégées ou de gestion durable des ressources naturelles. Les candidats ont jusqu'au 7 décembre à 23h59 pour soumettre leur projet sur la plateforme en ligne BestLife2030. (…)
BestLife2030, top départ pour déposer son dossier (Tahiti Infos)
Dans cet article : une nouvelle technique pour sauver les coraux du réchauffement marin ; l'utilisation de drones dans les actions de protection et d’étude environnementale du nouvel appel à projets de la DIREN ; l'alliance de l'ONG Sea Shepherd France et de l'association Mata Tohora ; premières conclusions du programme Paruru Te Rohoi de suivi scientifique et participatif des requins-nourrices dans le projet d’agrandissement de la passe de Papeete.
# Des chercheurs américains ont découvert une nouvelle technique pour sauver les coraux du réchauffement marin. Ces derniers ont prouvé leur théorie en plaçant des parasols sur vingt coraux dans un récif situé en Floride, territoire particulièrement touché par les vagues de chaleur. Suite aux résultats concluants, les chercheurs ont publié leur recherche le 2 octobre 2026.
Un peu d’ombre artificielle pourrait sauver les coraux. C’est en tout cas ce qu’a démontré l’équipe de Karen Neely, au National Coral Reef Institute de la Nova Southeastern University, le 2 octobre dernier. Le principe est simple, mais ingénieux : placer des parasols 30 centimètres au-dessus d’une colonie de corail.
Vingt structures, constituées d’un cadre en PVC rempli de mousse et garni d’une toile agricole beige, ont été plantées sur le récif de Newfound Harbor, en Floride, une région du globe particulièrement touchée par les vagues de chaleur.
(…) Comme le décrivent les scientifiques dans Frontiers in Marine Science, le dispositif bloque 60 % de la lumière sans en modifier les couleurs. Cette technique freine la décoloration des coraux, notamment durant les canicules marines. Selon l'étude, certains coraux auraient même retrouvé leurs couleurs.
Face au réchauffement des mers, qui pourrait être accentué par le phénomène El Niño, l’ombrage artificiel apparaît comme une solution efficace et peu coûteuse sur le long terme, la structure se suffisant en un seul achat… (…)
De l'ombrage artificiel pour sauver les coraux ? (Polynésie 1ère)
# Les drones sont de plus en plus courants, à l’international, dans les actions de protection et d’étude environnementale. Et le fenua s’y met petit à petit. La direction de l’Environnement vient de lancer un appel à projets pour cartographier, depuis les airs, les sites de pontes de tortues de Maupiti et Mangareva et Makatea. Mata Tohora fait, elle, voler ces petits engins dans le souffle des baleines pour étudier leur microbiote, leur génome et la santé des océans, le tout sans prélèvement. Pour l’association comme pour la Diren, les drones ont un potentiel « incroyable » pour la protection de la faune marine… À condition de les utiliser correctement.
C’est un appel d’offres de haut vol qui a été lancé par le Pays. La Direction de l’Environnement cherche un prestataire pour « identifier et qualifier » les sites de pontes des tortues marines grâce à l’imagerie des drones. Cette mission, qui s’inscrit dans le plan d’action PACT-Pf pour la conservation des tortues marines vise à « produire une connaissance fiable de la fréquentation des sites de ponte » sur Maupiti, Makatea et Mangareva.
L’utilisation des drones pour de tels suivis scientifiques permet de « prendre de la hauteur » , d’offrir « une vision d’ensemble » , explique Roselyne Tuira, chef de projet biodiversité à la Diren.
(…) En Polynésie, ce sont les concertations publiques lancées dans le cadre des aires marines protégées qui ont abouti à cette utilisation des drones. La cartographie des sites de pontes de tortues est remonté comme une des priorités pour améliorer les mesures de préservation de ces espèces. À Maupiti et Mangareva, ce sont les locaux, des pêcheurs notamment, qui ont identifié, sur carte les « zones d’intérêt » qui feront l’objet d’une surveillance. Pour Makatea, la Diren avait reçu des appels indiquant la présence de sites de ponte. La mission des drones et de leur télépilote sera donc de vérifier les informations de terrain et d’assurer le suivi de l’activité tortues dans les zones ciblées. Les structures intéressées ont jusqu’au 23 octobre pour candidater, et devront être opérationnelles au 9 décembre.
Ce n’est toutefois pas la première fois que des drones vont permettre de faire progresser la protection de l’environnement au fenua. La Sop-Manu a déjà utilisé des drones pour dératiser des atolls difficile d’accès et ainsi préserver les oiseaux marins. Côté mer, Mata Tohora, a lancé cette année un programme d’étude génétique et sanitaire des baleines et de leur microbiote à partir de leur souffle. Et c’est là encore les petits engins volants qui permettent de faire les prélèvements non invasifs.
(…) L’appel d’offres de la Diren ne fait que le confirmer : l’utilisation des drones en matière d’étude et de protection des milieux marins et une méthode à privilégier. « De plus en plus, le drone va être utilisé parce qu’il est non impactant si on sait bien s’en servir. C’est un outil incroyable si on l’utilise bien et en respectant aussi bien les gens que les animaux. »
Baleines, tortues… La protection environnementale prend de la hauteur avec les drones (Radio 1)
# Pour la première fois, Sea Shepherd France est en Polynésie française. L’ONG s’associe à Mata Tohora pour renforcer la protection des baleines et autres cétacés. Pendant quinze jours, les deux associations iront à la rencontre des professionnels de la mer et de la population, avec deux priorités : prévenir les collisions et faire respecter la réglementation.
Unir leurs moyens pour mieux protéger les mammifères marins. C’est l’objectif du partenariat entre Mata Tohora et Sea Shepherd France, dont la présidente, Lamya Essemlali, effectue sa première visite en Polynésie française. L’ONG internationale entend mettre son réseau et son expérience au service de l’association locale, qui œuvre depuis plusieurs années à la préservation des cétacés dans les eaux polynésiennes.
(…) Si la Polynésie française est un sanctuaire pour les mammifères marins, les menaces restent nombreuses. Parmi elles, la multiplication des embarcations autour des baleines, les comportements inadaptés lors des observations et les risques de collision.
Mata Tohora déplore notamment le manque de moyens pour assurer une présence suffisante sur le terrain. L’association affirme recevoir quotidiennement des signalements de baleines dérangées par des bateaux, parfois une dizaine autour d’un même animal. Une situation jugée inacceptable par sa fondatrice. Pour Sea Shepherd France, la sensibilisation doit nécessairement s’accompagner de contrôles et de sanctions.
(…) Pendant quinze jours, les représentantes des deux associations prévoient de rencontrer les pêcheurs, les prestataires de whale watching et d’autres professionnels du secteur maritime, mais aussi la population. L’objectif est de poser les bases d’actions communes pour renforcer durablement la protection des baleines et des autres cétacés au fenua.
Protection des baleines : Sea Shepherd et Mata Tohora unissent leurs forces en Polynésie (TNTV)
Sea Shepherd France veut mettre certains de ses moyens au service de la Polynésie. Arrivée samedi pour une première visite au fenua, sa présidente Lamya Essemlali enchaîne les rencontres avec l’appui d’Agnès Benet de Mata Tohora L’ONG, connue pour ses actions coups de poing, veut participer à la surveillance de la vitesse des navires pour limiter les collisions avec des cétacés, à celle du whale watching, qui serait source de « tensions », ou encore aborder la question de la pêche illégale, en concertation avec les professionnels locaux. « Ce qui est indispensable, c’est la présence sur l’eau. Il va falloir que les pouvoirs publics prennent leurs responsabilités », affirme Lamya Essemlali. Interview croisée des deux présidentes, qui animeront une conférence-débat jeudi 22 octobre, à 18 heures, au bar Matavai de Arue.
Les questions de Radio 1 et les réponses de Lamya Essemlali et d’Agnès Benet qui expriment leur inquiétude : si la protection des cétacés en Polynésie est souvent citée en exemple, avec le sanctuaire qui existe depuis 2002, cette protection ne leur semble pas vraiment aboutie…
(…)
Sea Shepherd veut aider à surveiller le « sanctuaire » polynésien (Radio 1)
# Mieux connaître les requins-nourrices pour mieux prendre en compte leur présence dans les grands projets d’aménagement maritime. Le programme Paruru Te Rohoi livre ses premières conclusions après deux ans et demi de suivi scientifique et participatif. Des résultats importants en vue du projet d’agrandissement de la passe de Papeete.
Il se nourrit sur les fonds marins, en remuant les sédiments. Le requin-nourrice fauve joue un rôle important dans l’écosystème marin. L’espèce, aujourd’hui classée comme vulnérable à l’extinction à l’échelle mondiale, est suivie depuis deux ans par une équipe de l’association Ocean Shiver.
« C’est un programme participatif qui inclut tout le monde, tous les plongeurs, tous les chasseurs sous-marins, donc on a pu mettre en place une grande base de données », explique Temehani Chand, technicien et secrétaire général d’Ocean Shiver. (…)
Plusieurs secteurs clés ont été répertoriés entre Punaauia et la baie de Matavai, une zone classée ISRA (Important Shark and Ray Area) depuis 2024. Mais c’est du côté de la passe de Papeete que la densité de requins-nourrices observée est la plus élevée. (…)
L’objectif des chercheurs est d’apporter des connaissances concrètes pour éclairer les décisions. À commencer par le creusement de la passe, qui doit démarrer l’année prochaine. (…)
Sous la surface, c’est tout un écosystème qui fréquente la passe : plusieurs espèces de requins, des raies, des dauphins, des tortues. L’enjeu désormais : préserver cette biodiversité, tout en permettant les grands projets de développement économique.
Passe de Papeete : premières conclusions des études sur les requins-nourrices (TNTV)

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