L’épisode actuel El Niño amplifie les effets du changement climatique. Dans le cadre de la préparation à un possible épisode cyclonique 2026-2027, le Haut-commissariat a organisé un exercice de gestion de crise consacré aux risques que cela entraîne. À quelques semaines du début de la saison chaude en Polynésie, les autorités appellent aussi la population à se préparer “dès maintenant”.

 

 

 

 

# Le phénomène météorologique El Niño d'une "intensité exceptionnelle" a entraîné le réchauffement d'une partie du Pacifique à des niveaux inédits en septembre, et pourrait contribuer à faire de cette année la plus chaude jamais enregistrée, a indiqué lundi le directeur de l'observatoire européen Copernicus.
La température de l’ensemble des océans -hors zones polaires- a atteint 21,05°C dans le monde en septembre, au plus haut niveau jamais enregistré pour ce mois, surpassant le précédent record mensuel de septembre 2023 (20,92°C). Les températures de surface « sont restées exceptionnellement élevées sur une grande partie du Pacifique tropical, où les conditions El Niño se renforcent et devraient encore s’intensifier ces prochains mois », relève Copernicus dans son bulletin mensuel.
(…) El Niño est une variation naturelle du climat, qui réchauffe les températures de surface dans le centre et l’est de l’océan Pacifique équatorial. L’épisode actuel, déclaré en juin, pourrait devenir le plus intense jamais enregistré, amplifiant les effets du changement climatique d’origine humaine.
La chaleur à la surface de la mer dans la « région Niño 3.4 », une zone de référence dans le Pacifique, a atteint un record absolu à 29,70°C en septembre. Cela dépasse les valeurs maximales de précédents épisodes El Niño très puissants en 1982/1983, 1997/1998 et 2015/2016, soulignant, selon les experts, « l’intensité exceptionnelle » de l’épisode en cours.
(…) Mais « nous ne pouvons pas encore affirmer que l’épisode El Niño actuel est le plus fort jamais enregistré », a tempéré Copernicus auprès de l’AFP.
Les climatologues essaient en effet d’isoler l’effet d’El Niño de la tendance de fond au réchauffement des océans dans le cadre du dérèglement climatique. En appliquant ce critère, l’épisode actuel n’a pas encore dépassé en intensité les épisodes les plus marquants du passé.
(…) Le dernier épisode El Niño avait contribué à faire de 2024 l’année la plus chaude jamais enregistrée jusque là, après une série de mois où les températures ont dépassé 1,5 °C, a souligné Carlo Buontempo. (…)

El Nińo pourrait faire de 2026 l’année la plus chaude jamais enregistrée, selon Copernicus (TNTV)

Seize ans après le passage du cyclone Oli, la Polynésie française se prépare à une nouvelle saison cyclonique, dans un contexte marqué par les préoccupations autour du phénomène El Niño. Ce jeudi 8 octobre, les services de l’État, du Pays et les acteurs de la sécurité civile ont participé à un exercice de gestion de crise à grande échelle. Objectif : tester leur coordination et leur capacité à protéger la population en cas de cyclone.
Un cyclone fictif, mais des enjeux bien réels. Ce jeudi, le haut-commissariat a activé son centre opérationnel dans le cadre de l’exercice « Cyclone 2026 ». Le scénario imaginé par les autorités repose sur des conditions météorologiques favorables à la formation d’une dépression tropicale susceptible de toucher plusieurs archipels polynésiens.
Pour corser l’exercice, les équipes ont dû anticiper les conséquences d’un phénomène pouvant affecter à la fois les atolls des Tuamotu et les îles de la Société. Une situation particulièrement complexe, compte tenu de l’éloignement des îles, de la présence de touristes et de la concentration des moyens de secours à Tahiti.
(..) Parmi les évolutions de cette édition, la possibilité de mobiliser des renforts nationaux avant même l’arrivée d’un phénomène cyclonique. Une liaison avec le centre opérationnel de Paris a permis de valider, dans le cadre de l’exercice, le principe d’un pré-positionnement de personnels et de matériels.
(…) Sur place, plusieurs cellules spécialisées ont été mobilisées : transports maritimes et aériens, réseaux d’eau, d’électricité et de télécommunications, gestion des touristes ou encore anticipation des besoins.
(…) Les communes sont également associées à cette préparation, notamment à travers leurs plans communaux de sauvegarde et la mobilisation de leurs services de secours.
(…) Pour les équipes médicales, l’enjeu est de garantir la continuité des soins, même lorsque les déplacements deviennent impossibles.
(…) Si les autorités affinent leurs dispositifs de gestion de crise, elles rappellent que la prévention commence aussi à l’échelle de chaque foyer. Vérification des toitures et des ouvertures, élagage des arbres, constitution d’un kit d’urgence et de réserves d’eau : autant de précautions à prendre avant le début de la saison cyclonique, qui s’étend de novembre à avril. (…)

Saison cyclonique 2026-2027 : la Polynésie teste sa capacité à faire face au pire (TNTV)

Un cyclone qui frôle les Tuamotu et met en danger la Société : c’est le scénario de l’exercice coordonné ce jeudi depuis le Haut-commissariat. Il s’agit de tester la coordination des services de l’État, du Pays et des communes à l’approche d’une saison chaude particulièrement à risque vu l’intensité d’El Nińo cette année. Paris a męme été mis dans la boucle, puisque des renforts nationaux devraient ętre prépositionnés en cas de danger imminent. Vérification des habitations, kits de survie et élagage… L’exercice a surtout été l’occasion pour les autorités d’appeler les Polynésiens, qui n’ont pas connu de cyclone depuis Oli en 2010, à se tenir prêts.
(…) Rien d’inhabituel, en soi : les autorités de l’État répètent leurs gammes tous les ans à l’approche de la saison chaude. Mais en cette année d’El Niño intense voire record, qui pourrait favoriser l’apparition de dépressions fortes dans la zone, cet exercice prend un relief particulier. « On ne peut jamais être sûr de rien, mais Météo France nous dit qu’on va avoir des évènements climatiques anormaux, et a minima des fortes pluies, qui peuvent avoir des conséquences sur les mouvements de terrains, des inondations… Et tout ça fait qu’il faut qu’on soit prêts », précise le haut-commissaire Alexandre Rochatte.
La nouveauté de cette préparation, c’est aussi que le Haut-commissariat s’est connecté avec la métropole, et le centre d’opération national situé à Paris. L’idée : pouvoir mobiliser des renforts nationaux de pompiers, de militaires, et de personnels spécialisés, et les « prépositionner » dans les zones à risque au moment de l’approche d’un cyclone. Une stratégie qui implique une forte réactivité – certains personnels peuvent décoller en trois heures depuis la métropole pour être en moins de 24 heures en Polynésie, d’autres pourraient être déployés depuis la Nouvelle-Calédonie – et qui a déjà été mise en œuvre avec succès lors de cyclones ultramarins, comme Chido, qui avait fait de lourds dégâts à Mayotte fin 2024.
(…) Un plan qui doit prendre en compte un « point de préoccupation » important : l’inondabilité de piste de Tahiti-Faa’a, qui peut rendre l’aéroport international inutilisable. La mise en sécurité des avions, y compris en les déplaçant vers des pistes moins à risque fait d’ailleurs partie de la simulation opérée ce jeudi au Haut-commissariat.
(…) « À compter d’aujourd’hui, et j’espère que ça a déjà commencé, il faut être conscient que l’on soit prêt, peut-être un peu plus que d’habitude à affronter un phénomène cyclonique», reprend le représentant de l’État. «Il faut vérifier son habitation, la toiture de sa maison, les ouvertures des fenêtres, son kit d’urgence, préparer ses réserves d’eau… Il faut que chacun se prépare à affronter un cyclone en Polynésie française ».
À noter que Météo France établira le 27 octobre un point détaillé des risques cycloniques pour la saison chaude à venir.

El Nińo : « Il faut que chacun se prépare à affronter un cyclone en Polynésie »  (Radio 1)

 

Pour rappel: Savoir s'adapter au dérèglement climatique (AvA-Infos)

Dans le cadre de la préparation à la saison cyclonique 2026-2027, le Haut-commissariat de la République en Polynésie française organise, le jeudi 8 octobre 2026, un exercice de gestion de crise consacré au risque cyclonique.
Le scénario prévoit des conditions météorologiques favorables à la cyclogenèse, avec une forte probabilité de formation d’une dépression tropicale modérée susceptible d'affecter une partie de la Polynésie française.
Dans ce contexte, le Centre opérationnel du Haut-commissariat (CO-HC) est fictivement activé en configuration restreinte depuis le mercredi 7 octobre à 14h00.
Cet exercice vise à tester la coordination des services de l’État, du Pays et des opérateurs, ainsi que leur capacité collective à anticiper les conséquences d’un phénomène cyclonique et à préparer les mesures de protection des populations.
Il s’agit exclusivement d’un exercice. Aucune menace cyclonique réelle n’est signalée dans le cadre de cette simulation et aucune mesure particulière n’est demandée à la population.
Le Haut-commissariat rappelle l’importance de se préparer dès à présent à la saison cyclonique, qui s’étend de novembre à avril.

Un exercice cyclone déclenché ce jeudi (Tahiti Infos)

Le haut-commissariat a été le siège, jeudi, d’un exercice de crise pour tester la réponse de sécurité civile face au risque cyclonique. Objectif : tester la coordination de l’État, du Pays et des opérateurs, alors que le phénomène El Nińo fait craindre une saison cyclonique à risque.
À quelques semaines du début de la saison chaude en Polynésie, les autorités appellent la population à se préparer “dès maintenant”. Élaguer les arbres qui surplombent les habitations, vérifier les toitures et les ouvertures, constituer un kit d’urgence et prévoir des réserves d’eau et de nourriture : les gestes sont connus, mais leur mise en pratique reste essentielle. “C’est dès à présent qu’il faut anticiper”, martèle-t-on du côté du haut-commissariat.
(…) Jeudi, pour la simulation organisée au haut-commissariat, le scénario envisageait une dépression tropicale se déplaçant vers l’ouest avant de plonger vers le sud, en direction des Tuamotu nord-ouest. La trajectoire étant incertaine, la zone de risques était étendue jusqu’aux îles Sous-le-Vent. Les services ont donc choisi de se concentrer sur les 72 heures précédant un éventuel impact. Une période déterminante pour organiser les secours et protéger les populations. Le scénario a été conçu pour complexifier l’exercice, sans être directement lié à El Niño.
Dans ce contexte, l’une des priorités consiste à organiser le rapatriement des personnes présentes sur les îles menacées. À Rangiroa, par exemple, où les touristes et les élèves de l’enseignement secondaire présentent un effectif dépassant les capacités d’accueil de l’atoll, tout le monde ne pouvait être mis à l’abri. Un retour vers Tahiti a donc dû être anticipé, afin de limiter les difficultés logistiques et rapprocher les personnes des moyens de secours.
Autre enjeu : mettre à l’abri les moyens aériens et maritimes, civils comme militaires, pour préserver leur capacité d’intervention après le passage du phénomène. Les avions doivent être déplacés vers des zones moins exposées et les navires gagner le large plutôt que de rester au port. Dans le scénario retenu, les Australes étant épargnées ont pu servir de zone d’abri pour accueillir les aéronefs.
(…) Le Samu s’est également organisé pour prépositionner des équipes et du matériel médical dans d’autres archipels, à bord d’avions mis à l’abri, pour faciliter les interventions après le passage du cyclone.
L’autre évolution de cette simulation concerne la mobilisation anticipée de renforts venus de métropole.
(…) Reste une difficulté concrète : accueillir et héberger une centaine de personnes supplémentaires à Tahiti juste avant le passage d’un cyclone. Les services poursuivent leur travail sur cette problématique.
(…) Les services sont également allés à la rencontre des maires dans les différents archipels, tandis que des supports de prévention ont été traduits, notamment en marquisien.
En début de semaine, un hélicoptère a d’ailleurs survolé les embouchures des vallées de Tahiti et Moorea pour repérer les arbres susceptibles d’entraver l’écoulement des cours d’eau et de favoriser les inondations. Les interventions nécessaires pourront ainsi être déclenchées avant les épisodes de fortes pluies, qui peuvent également provoquer des glissements de terrain en l’absence de cyclone.
Reste que le haut-commissariat a tenu à rappeler jeudi qu’une telle simulation ne présage en rien une menace cyclonique réelle, “mais il faut savoir anticiper”.

Cyclone : un exercice grandeur nature avant El Nińo “C’est dès à présent qu’il faut anticiper” (Tahiti Infos)

À l’approche de la saison cyclonique, les services de l’État ont simulé l’arrivée d’un cyclone en Polynésie française. Objectif : tester la coordination des secours et préparer les autorités à protéger la population face à un phénomène majeur. Immersion dans la matinale dédiée à cette simulation.
Ce matin, le Haut-commissariat était en alerte pour se préparer au mieux à la saison cyclonique. Au menu du scénario fictif de la journée : une dépression tropicale avec des vents pouvant atteindre 150 kilomètres heures.
La simulation complexe avait lieu 72 heures avant le phénomène qui implique le nord-ouest des Tuamotu ainsi que les îles du Vent et sous le vent. Celle-ci est réalisée chaque année, afin de préparer le territoire à toutes éventualités.
“L’idée c’est vraiment de pouvoir jouer le développement d’une perturbation, allant du premier stade d’une dépression tropicale, donc modérée, à une dépression tropicale forte voire un cyclone en arrivant sur Tahiti”, explique Alexis Decalonne, responsable adjoint de la division Prévision de Météo-France en Polynésie française. “On joue l'ensemble des stades pour pouvoir déclencher une mise en garde”.
(…) Au-delà de cet exercice, les services de l’État invitent la population à anticiper les phénomènes météorologiques. Élaguer les arbres, vérifier les toitures, préparer un kit d’urgence et constituer des réserves d’eau et de nourriture est préconisé. Pour rappel, la Polynésie française n’a pas connu de cyclone depuis 16 ans.

"On est dans l’amélioration continue" : Les services de l'État se préparent à la saison cyclonique au travers d'une simulation annuelle (Polynésie 1ère)